François Schanen - 1950 / 1952 -
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Bataille de Kerling-lès-Sierck
Sommaire :
1. Extrait du courrier de Metz du 11 novembre 1946
2. Témoignage de François Schanen de Kerling-lès-Sierck
3. Fosse commune de Kerling-lès-Sierck
4. Rapport détaillé de la bataille de Kerling et de ses alentours
Bientôt deux ans que notre village a été libéré du joug allemand. Deux ans aussi que les gens ont connu les pires angoisses du bombardement qui devait causer, hélas! non seulement la destruction de plus des deux tiers du village, mais aussi des morts parmi la population déjà tant éprouvée par l'évacuation de 39.
Le 9 novembre 1944, les premiers éléments américains entrèrent dans le village, un peu plus d'une centaine et qui auraient pu occuper tout le village si le destin n'en avait décidé autrement. Dans leur retraite depuis l'intérieur, les Allemands avaient amené avec eux trois femmes françaises, de mœurs légères. A l'arrivée des Alliés, le Boche avait fui, laissant sur place ces trois femmes.
Voyant qu'il n'y avait aucun blindé américain, ces trois femmes ne tardèrent pas à rejoindre les Allemands et à leur communiquer ce renseignement qui devait conduire ces derniers à contre-attaquer en force, soutenus par des chars lourds. La présence des blindés n'échappa pas à l'observation américaine car, peu après, le village subissait un tir d'artillerie de plus de trois-quarts d'heure. Aussitôt, la population se réfugia dans les caves pour attendre la fin de ce déluge de feu.
Au fracas infernal des obus se mêlaient les crépitement secs des mitrailleuses et ce, durant cinq jours et nuits.
Vers 4 heures du matin le premier jour, les villageois eurent un court moment d'espoir, mais la désillusion ne tarda pas car, aux bruits sourds des bottes ferrées fracassant les portes, se mêlaient la voix gutturale du Teuton :
- "Aufmachen, sonst wird alles verbrannt !" et les fouilles commencèrent.
Par malheur, ils devaient découvrir quatre Américains dans la grange de M. SCH. La représaille fut brutale. A l'aide d'un char lance-flamme, la maison fut incendiée. M. SCH devait être fusillé à la sortie du village mais put s'évader grâce à la complicité d'un vieil Allemand, vétéran de 14-18.
Le troisième jour, les chars américains purent passer la Moselle. Sept chars allemands et plus de 700 cadavres restèrent sur le territoire de la commune. Les pertes, du côté américain, se montèrent à environ 200 morts.
Cependant, les habitants devaient encore subir une humiliation de la part du vainqueur. Pieds nus mal habillés, ils durent quitter leurs abris pour être conduits à la sortie du Village afin d'y être parqués, tels des moutons.
Tout le village était accusé de s'être livré à l'espionnage. Pendant 8 jours, la population coucha dans deux caves gardées par des sentinelles. Par bonheur, un groupe d'américains, échappé on ne sait comment à la perquisition, témoigna en notre faveur et tout rentra dans l'ordre.
Décrire l'aspect du village n'est guère possible. Pendant des mois, les hommes s'employèrent à déterrer le bétail enseveli sous les ruines pour l'enterrer ailleurs. Il fallait boucher les trous, les murs, réparer ici et là, et toujours avec des moyens de fortune; retaper un lit, une chaise ou une armoire pour avoir un peu de mobilier.
La reconstruction a certes fait du travail, mais il reste énormément à faire. Kerling n'oubliera pas de sitôt ce que lui a coûté sa libération : les ruines en témoigneront toujours.
Note : Malgré mes recherches, je ne peux pas apporter plus de précision sur l'identité de M. SCH, une autre version du courrier de Metz donne encore une version plus floue sur cette personne en la nommant M. S.
Histoire de Kerling-lès-Sierck
Sommaire :
1. L'histoire du village
2. Carte postale de Kerling-lès-Sierck
Kerling-lès-Sierck est une commune mosellane où les premières traces remontent au IVe siècle, en plein cœur du Haut Moyen-Âge européen. Le village a été majoritairement sous domination germanique pendant plusieurs siècles. En effet, en 874, Kerling était sous la domination du Royaume de Francie Orientale, royaume crée après la scission de l'empire carolingien et marquant les prémices de l'Allemagne actuelle. Nous pouvons également en déduire que le village était avant la domination de la Francie Orientale sous le pouvoir de l'empire de Charlemagne puis sous la tutelle du Royaume de Francie Médiane (Renommé en suite en Royaume de Lotharingie), annexé par la suite par la Francie Orientale et Occidentale. Par la suite, le pouvoir germanique a continué à s'exercer sur la commune à travers le Saint-Empire-Romain-Germanique entre le Xe siècle et le XVIIe siècle. A partir du du XVIIe siècle, la commune a appartenu au royaume de France puis à ses nouvelles entités avec la République et le Premier Empire.
Après la défaite de la guerre de 1870 avec la bataille de Sedan marquant la fin du Second Empire français, Kerling est revenu sous la tutelle germanique avec l'empire Allemand du fait de l'annexion de l'Alsace-Moselle. Il faudra attendre la Première Guerre mondiale pour que Kerling redevienne français en 1918. Cependant, le village va redevenir allemand lors de la Seconde Guerre mondiale, de mai-juin 1940 jusqu'en novembre 1944 où la commune sera libérée par les troupes américaines.
Durant ces nombreux siècles d'existence, le village a connu de nombreux noms avant de s'appeler définitivement "Kerling-lès-Sierck", en voici une petite liste non exhaustive qui relate les noms de la commune à travers les siècles :
- Crelligon (874)
- Cherlingen (1084)
- Karlenges (1139)
- Kerlingen (1594 / 1940-1944)
- Kirling (1686)
- Querlien (1762)
Sous l'Ancien Régime, Kerling était le siège d'une seigneurie qui disposait de la haute, moyenne et basse justice, c'est-à-dire que le seigneur avait le droit de rendre justice à travers la peine capitale, les amendes ou encore l'emprisonnement. Kerling était le fief mouvant de la prévôté, une unité administrative et judicaire royale dirigée par un prévôt qui s'occupait de la justice ou de la finance. Le village faisait partie du domaine de Sierck.
Kerling faisait partie en 1701 du comté de Hombourg et était une paroisse de l'archevêché de Trèves. Kerling était autrefois au sein de la province des Trois-Evêchés, sous le pouvoir du prévôté de Sierck et coutumier de Lorraine, c'est-à-dire sous le droit coutumier, un ensemble de règles concernant la loi, les droits ou les usages.
Kerling fit partie en 1790 du canton de Kœnigsmacker, et passa par la suite dans le canton de Sierck suite à la Constitution de l'an III de la Première République française en 1795. En 1802, le village se range dans le canton de Metzervisse. Cependant, une ordonnance du 28 décembre 1825 replaça Kerling dans le canton de Sierck avec pour annexes Haute-Sierck et Fréching.
Le village avait un sobriquet qui était le suivant : "Die Wandjang (Windbeute)". Ce sobriquet vient du fait que les habitants d'autrefois avaient la réputation d'être orgueilleux et de faire de grands discours qui ne disaient rien. On prétendait en ouvre qu'ils avaient l'habitude de bluffer de de prôner constamment leurs richesses inexistantes.
Quelques rapports du village datant du XIXe siècle nous sont parvenus et présentent l'état de la commune à des dates précises, en voici une liste :
- 1817 : Kerling-lès-Sierck est un village placé sur une hauteur et ancienne commune de la province des Trois-Evêchés. Sa mairie et sa paroisse ont pour annexes les hameaux de Haute-Sierck et de Fréching. Le village fait partie de l'arrondissement de Thionville et du canton de Metzervisse. Kerling compte 398 habitants pour 71 maisons, son territoire est productif avec 664 hectares dont 254 forestiers et 104 ares dédiés au vignes.
- 1844 : Kerling-lès-Sierck assure sa distribution postale par Sierck. L'école est fréquentée par 60 garçons et 40 filles et par 20 garçons et 20 filles village d'Haute-Sierck, le revenu de l'instituteur s'élève à 445 Francs. La population comprenant les deux annexes monte à 825 habitants. Le village comprend 75 maisons et une tuilerie, l'église et la maison curiale ont été restaurées et agrandies en 1842. Le sol de la commune renferme des pierres de chaux. La forêt dite la "Grande Forêt" qui se compose de la forêt de "Kalenhoven" française et allemande et de la forêt des Quatre-Seigneurs se trouve en partie sur le ban de Kerling. Elle est habitée par tous les genres de gibiers, principalement par le chevreuil et le sanglier où ce dernier y fait beaucoup de dégâts pendant la belle saison. On y rencontre aussi des merles blancs.
- 1852 : Kerling-lès-Sierck compte 881 habitants, l'école est fréquentée par 32 filles et 30 garçons. Le village compte 169 maisons, 89 granges , 239 chevaux, 6 fontaines et puits publics et 111 puits et pompes de propriétaires. Le revenu communal s'élève à 2088 Francs. On y élève des chevaux propres à la cavalerie, bestiaux et volailles. Le gibier avoisinant la commune est composé de sangliers et de lièvres. Le village dispose d'une tuilerie, dispose de 5 hectares de vignes et y pratique la culture des terres. Kerling produit du vin, du froment, de l'avoine, de l'orge et du seigle et dispose de bons pâturages. Le village est constitué de l'église, d'une maison d'école, 3 lavoirs dont un couvert. En cas de réunion de troupes, la commune peut loger 250 hommes et 500 chevaux dans les granges.
Sommaire :
1. Récit de Henri Conradt
2. Liste détaillant plusieurs victimes en Moselle pendant la guerre par Fernand Lanzi
Avant-propos : Henri Conradt, de Kerling-lès-Sierck est le mari de Louise, née Retter, sœur de Maria Clément, appelée également "Tata Maria", née Dupont et cousine germaine de Albert Dupont.
Me voilà donc dans ce train parti de Thionville et qui mettra plus d'une semaine pour arriver à destination d'un pays qui se nommait alors la Tchécoslovaquie. Nous étions cantonnés là pour deux mois, le temps d'apprendre à être de vrais soldats. C'est avec le grade de sergent que je fus envoyé sur le front russe et plus précisément à Stalingrad. J'appartenais à la 113ème division d'infanterie du VIIème corps d'armée commandé par le Général Heitz. Notre section était constituée d'Alsaciens-Mosellans et l'on avait pour chef un véritable SS. Loin de nos terres et avec un tel encadrement nous n'avions pas de solution de fuite. Le bruit des obus était assourdissant et les cris des blessés effrayants.
Après un mois d'enfer, la grande offensive russe est arrivée en février 1943. Elle avait pour but de prendre Stalingrad et ses environs en tenaille. Voyant la situation se dégrader notre chef criait : "tous à l'attaque". Devant notre refus de nous faire massacrer il nous avait clairement indiqué qu'il n'hésiterait pas à nous tuer si l'on n'obtempérait. C'est alors que Pierre, un alsacien de Brumath, tourna son arme vers notre chef et le tua avant de nous crier à tous "que Dieu soit avec nous et que chacun sauve sa peau".
Nous avons alors couru pendant 3 jours et 2 nuits pour échapper à cet encerclement pour malheureusement retomber dans les mains de l'armée allemande. Notre campement jouxtait un parc à vaches et étant fils d'agriculteur, il m'était facile d'en traire l'une ou l'autre et apporter du lait frais à mes compagnons, ce qui nous a permis de survivre puisque l'armée allemande manquait de tout dans cette région.
J'ai pu ensuite profiter d'une petite permission de trois semaines à la maison. Je ne voulais plus retourner sur le lieu des horreurs passées mais les représailles vis à vis de ma famille m'y ont obligé. Me voilà à nouveau au combat avec une peur décuplée par mon expérience passée. Les bombes soviétiques se sont abattus sur nous et je n'ai eu que le temps de plonger dans un ancien trou d'obus. Bien plus tard, je me suis retrouvé sur un lit d'hôpital avec des chevilles criblées d'éclats. La guerre était fini pour moi et six mois plus tard me revoilà revenu au sein de mon foyer.
Malgré mes difficultés pour marcher, j'ai eu la chance de voir grandir mes enfants et ainsi pouvoir témoigner de cette époque sanglante de l'histoire. Je dois avouer que ce n'est qu'à l'âge d'être grand-père que j'ai trouvé la force d'en parler.
Je me nomme Henri Conradt. Mosellan de souche, j'ai passé toute ma vie dans mon village natal, toutes sauf deux années.
La Moselle étant zone occupée, l'armée allemande avait besoin "d'hommes frais" pour reconstituer ses troupes sur le front de l'Est. Ainsi au printemps 1942, un officier de la Wehrmacht se présenta à la mairie avec la liste des enfants réquisitionnés. En effet, j'avais à peine 17 ans et lorsque je fus un "Malgré-Nous" de plus sur la liste obligatoire.
La tristesse était grande à la maison car elle associait la haine de servir l'occupant et la peur de ne plus revoir son fils.
Henri Conradt (Photographie par Jean Paul Clément)
1. Récit de Henri Conradt recueilli par Louis et Patrick Dupont
2. Liste détaillant plusieurs victimes en Moselle pendant la guerre par Fernand Lanzi, avril 2013
En hommage aux innombrables victimes civiles de la dernière guerre restées dans l'ombre
OBER-KONTZ (05.10.1940)
Le 5 octobre 1940, Jean WELFRINGER, agriculteur et viticulteur à Haute-Kontz, père de trois enfants, sauta avec son attelage sur une puissante mine. L'intéressé et les deux chevaux de l'attelage furent tués sur le coup.
FRECHING (19.04.1941)
Le 19 avril 1941, Eugène BEISEL, un enfant de Fréching âgé de six ans, trouva une grenade à fusil abandonnée dans une tranchée à proximité du village. En la ramassant, celle-ci explosa et lui arracha la main gauche.
MALLING (25.05.1944)
Armand COUTY, son cousin Félix VAROQUI, Pierrot TAILLEUR et René MICHELS avaient pris goût à parcourir le ban de la commune pour repérer et dénicher les nids de corbeaux. Ce jour là, le 25 mai 1944, ils trouvèrent en contrebas de la voie ferrée un petit objet mystérieux. Félix, l'aîné de la bande, affirma avec assurance connaître cet objet. Sûr de lui, il le ramassa et commença à le manipuler. C'est alors que le drame se produisit. L'objet lui explosa dans les mains en le blessant très grièvement au bas-ventre. Transporté à l'hôpital, il décéda le lendemain. Armand eut un doigt arraché et perdit un œil. Quant à Pierrot, il ne fut que légèrement blessé par quelques éclats.
KERLING (novembre 1944)
Le village déplora huit victimes civiles de l'artillerie américaine en novembre 1944.
- Mme FELTZ née Catherine SIEBENBORN de Sierck (65 ans), tuée par éclats d'obus (06.11.1944)
- Mme SCHEIDSTEGER née Anne BOGUSCHEWSKI de Kœnigsmacker, tuée par éclat d'obus au coeur (06.11.1944)
- CLEMENT François (61 ans), tué par éclat d'obus à la tête (08.11.1944)
- FOUSSE Aloyse de Sierck (32 ans), tué par éclat d'obus à la jambe (08.11.1944)
- Mlle HIBERT Germaine de Sierck, célibataire, tête percée par éclat d'obus (10.11.1944)
- Mme HANDT née Marguerite BROCHARD (40 ans), tuée par éclats d'obus (11.11.1944)
- HANDT Jean (6 ans), fils de la précédente, tué par éclats d'obus (11.11.1944)
- BETANNIER Jacques, veuf , de Rettel (73 ans), tué par éclats d'obus (11.11.1944)
BERG-SUR-MOSELLE (11.02.1945)
Le 11 février 1945, Monsieur Charles HAAN, 42 ans, heurta une mine allemande dans son jardin. L'engin explosa et le malheureux fut si grièvement blessé qu'il mourut peu de temps après son admission à l'hôpital civil de Beauregard.
KERLING (27.03.1945)
A la suite de l'explosion d'un engin de guerre, Aloyse MARCK eut le 27 mars 1945, la main droite gravement mutilée.
GUERSTLING (06.04.1945)
Le 6 avril 1945, Monsieur Théodore WOLF, employé à la SNCF et père de deux enfants, demeurant à Guerstling, heurta une mine allemande et fut littéralement déchiqueté.
CREUTZWALD (06.04.1945)
Pour faire exploser une mine anti-char allemande trouvée dans la forêt, le petit Paul GEGLEC, 12 ans, demeurant à Creutzwald, se servit d'une hachette. Le premier coup provoqua naturellement l'explosion. L'enfant fut déchiqueté.
BASSE-YUTZ (11.04.1945)
Ce jour là, mercredi 11 avril 1945, Charles BADER (12 ans), Gilbert TRUNZERT (12 ans) et Roland GABBARO (15 ans) s'amusèrent à jeter des pierres sur une mine abandonnée devant le café RICHARD à Basse-Yutz. Comme prévu, l'engin explosa. Les trois garçons très grièvement blessés succombèrent peu après leur admission à l'hôpital de Thionville.
CONTZ-LES-BAINS (14.04.1945)
Deux jeunes garçons, Marcel WINCKEL (10 ans) et René SENNIGER (10 ans), tous deux de Contz-les-Bains, sautèrent sur une mine aux abords de la Moselle, à proximité du pont. La mort fut instantanée.
HAUTE-KONTZ (14.04.1945)
Ce jour, le 14 avril 1945, trois jeunes enfants de Haute-Kontz, du nom de RITT, mais de deux familles différentes, ramassèrent un obus abandonné dans une haie à proximité du village. L'obus explosa et les trois jeunes enfants furent affreusement déchiquetés. Ils étaient âgés respectivement de deux, trois et quatre ans.
HAUTE-SIERCK (14.04.1945)
Ce jour, samedi 14 avril 1945, Mademoiselle Marie-Jeanne DELVO, en regagnant son domicile à Haute-Sierck, s'écarta du chemin et sauta sur une mine. Son corps fut déchiqueté. La malheureuse victime était âgée de vingt ans.
INCROYABLE HECATOMBE A THIONVILLE (Caserne Jeanne d'Arc 17.04.1945)
Le bataillon du commandant KOCH, venant de la Marne, est en route pour l'Allemagne et fait étape à la caserne Jeanne d'Arc de Thionville. Ce jour là, 17 avril 1945, vers 9h30 du matin, un jeune officier anime une séance d'instruction sur les explosifs (probablement une mine très puissante) devant une centaine de jeunes militaires groupés autour de lui dans la cour de la caserne. C'est alors que, pour une raison indéterminée, une explosion retentit. Ce drame atroce provoque la mort de 29 soldats dont le commandant KOCH et en blesse environ 70 dont certains très grièvement. Après cette incroyable tragédie, toute la population est profondément consternée et toute la garnison est en deuil.
KUNTZIG (17.04.1945)
Monsieur Michel LAUMESFELD, retraité âgé de 68 ans, eut le malheur de soulever une mine allemande qui éclata aussitôt. Il eut la jambe droite littéralement déchiquetée. Transporté à l'hôpital civil de Thionville Beauregard, il succomba le lendemain.
OBERNAUMEN (27.04.1945)
A Obernaumen, un cultivateur, Monsieur Pierre DELVAL, 62 ans, heurta une mine. Il fut tué sur le coup.
BUDING (27.04.1945)
Ce même jour, Monsieur Pierre ROCK de Buding, âgé de 21 ans, sauta sur une mine et succomba aussitôt.
MARIEULLES (27.04.1945)
A Marieulles, deux ouvriers chargés du déminage, Messieurs Maurice LENOIR et Jean RANZEWSKI, ont été victimes de leur devoir en sautant sur une mine. Un troisième, Monsieur Jean GASPARD, a été grièvement blessé.
LOUDREFING (27.04.1945)
A Lourdrefing, Alfred STAUB, un jeune garçon âgé de 15 ans s'est amusé avec un "Panzerfaust" (arme antichar légère allemande). Celle-ci explosa et l'imprudent garçon fut atrocement déchiqueté.
KERLING (09.05.1945)
Entre Kerling et Fréching, un char allemand est abandonné avec une chenille détruite. Ce jour là, le jeune François BERGER âgé de 10 ans, en passant devant le char, eut l'idée saugrenue de le faire exploser avec les obus qui se trouvaient encore à l'intérieur, en lançant tout simplement une grenade dans la tourelle du char restée ouverte. Par malheur, la grenade lancée maladroitement, au lieu de tomber dans le char, rebondit sur sa paroi et explosa en blessant très grièvement l'imprudent garçon. Transporté d'urgence à l'hôpital de Thionville, il y décéda en arrivant.
HAUTE-SIERCK (16.05.1945)
Stanis KURECK, âgé de 40 ans, garçon de ferme d'origine polonaise, employé dans la ferme de Pierre JOLIVALT de Kerling, bénévolement, à ses risques et périls et à ses moments de loisirs, déterra plusieurs centaines de mines sur le ban de la commune. Avec sa brouette, il les rassemblait dans le vallon, en face de la ferme des MATHIS à l'entrée de Haute-Sierck, en vue de leur destruction par les services officiels de déminage de la préfecture. Arrivé à la fin de cette redoutable opération à risques, que s'est-il passé ? Est-ce qu'une mine lui a échappé des mains ? A t'il trébuché ? Nul ne le saura jamais. Toujours est-il qu'à ce moment là, une terrible explosion se produisit, la déflagration fit voler en éclats les vitres des maisons alentour et le corps du pauvre Stan fut déchiqueté. Les lambeaux de son corps et de ses vêtements furent projetés dans les arbres à plusieurs dizaines de mètres à la ronde. Ce travail de bénévolat à très hauts risques a coûté la vie à ce pauvre Stan et a épargné, à n'en pas douter d'autres vies humaines. Une place ou une rue à Haute-Sierck devrait rappeler le souvenir de l'acte héroïque de ce brave polonais.
BUDLING (21.05.1945)
Des enfants du village ayant trouvé un sac de poudre, y mirent le feu. Le jeune Firmin WALLERICH, âgé de dix ans fut si grièvement brûlé qu'il décéda des suite de ses brûlures.
KIRSCHNAUMEN (26.05.1945)
Les deux frères WEISTROFFER, âgés respectivement de 13 et 17 ans, ont été tués par les éclats d'une mine. L'accident s'est produit dans la forêt du village.
WALDWISSE (28.05.1945)
Deux enfants du village, Harig et Grün s'amusant sur la place publique, ont été grièvement blessés par l'explosion d'un "Panzerschreck" (arme antichar allemande) et durent être hospitalisés.
OUDRENNE (01.06.1945)
Messieurs Henri HESSE et Gino ACCATO, le premier de Moyeuvre-Grande, le second de Rosselange, chefs d'équipes de prisonniers allemands occupés au déminage ont sauté sur une mine. Monsieur ACCATO est grièvement blessé et son camarade a le pied gauche sectionné. En urgence, tout deux sont transportés à l'hôpital de Moyeuvre-Grande
KOENIGSMACKER (07.07.1945)
Charles STEINMETZ et Jean REILAND, qui avaient fait une promenade en barque en Moselle, heurtèrent une mine en accostant. Monsieur REILAND fut déchiqueté et Monsieur STEINMETZ, grièvement blessé dut être transporté à l'hôpital de Thionville Beauregard.
MONTENACH (13.07.1945)
Deux enfants, Joseph MICOT, 11 ans, et Fernand WEINACHTER, 9 ans, manipulaient dans le jardin de l'école un obus qu'ils avaient trouvé dans une maisonnette située à proximité. L'obus explosa et les deux jeunes enfants furent tués sur le coup.
KERLING (11.08.1945)
Ce jour là, une équipe de démineurs d'affairaient à déminer le secteur longeant la sapinière située à gauche de la route qui descend vers Petite-Hettange. Soudain, pour une raison que l'on ignore, le tas de mines amassées le long de cette route explora et déchiqueta les cinq démineurs qui se nommaient :
- Edouard MROCZINSKI (26 ans), chef démineur
- Edgar SCHNABEL (21 ans), prisonnier de guerre allemand
- Helmut PREISLER (21 ans), prisonnier de guerre allemand
- Erick BAUERLE (18 ans), prisonnier de guerre allemand
- Gunter VOGEL (20 ans), prisonnier de guerre allemand
Une stèle à la mémoire de ces victimes a été érigée dans le cimetière de Kerling. Certains prisonniers allemands étaient volontaires pour accomplir cette tâche à très haut risque car ils percevaient une rétribution et bénéficiaient d'une nourriture améliorée.
MONTENACH (19.09.1945)
Les cantonniers Mathias HENRY (22 ans) et Cyriaque STEICHEN (53 ans), tous deux de Montenach, occupés à la réfection de la route de Kirschnaumen, sautèrent sur une mine. Leurs corps furent atrocement mutilés et la mort fut instantanée.
FILSTROFF (29.09.1945)
En dégoupillant une grenade dont ils voulaient se servir pour la pêche, Joseph REITZ (26 ans) a été mortellement blessé, tandis que son frère Jean a été sérieusement atteint à l'œil.
SCHENGEN (03.11.1945)
Dans la forêt de Schengen, plusieurs habitants du village s'affairaient à charrier des grumes. Soudain, la tête de l'un de ces troncs d'arbre heurta une mine enfouie au bord du chemin. Celle-ci explosa tuant net deux personnes et en en blessant une autre très grièvement.